A propos de la première transplantation partielle de visage


Après la réalisation, les 27 et 28 novembre 2005, de la première allotransplantation de tissu composite au niveau du visage, l’Académie nationale de Chirurgie s’est abstenue de tout commentaire dans l’attente de la présentation scientifique à sa tribune. Un recul de trois mois était indispensable à une juste évaluation de cette première mondiale.

Lors de sa séance du 8 mars 2006, l’Académie nationale de Chirurgie, dont l’une des missions est l’information des chirurgiens par la diffusion des découvertes fondamentales, a entendu les Professeurs B. DEVAUCHELLE (Amiens) et J.M DUBERNARD (Lyon) présenter ce cas princeps qui, à tort, a fait couler beaucoup d’encre.

L’Académie nationale de Chirurgie estime que l’indication d’allotransplantation est légitime car les lésions présentées, en particulier des deux lèvres, ne pouvaient être traitées, avec efficacité cosmétique et fonctionnelle, par les techniques conventionnelles.

L’Académie nationale de Chirurgie constate l’excellente coordination entre AMIENS et LYON qui permit aux deux équipes d’établir une stratégie ne laissant place à aucune improvisation.

La préparation de cette intervention a été rigoureuse :

  • sur le plan psychologique avec une information, précise et répétée, de la patiente sur les risques évolutifs et une prise en charge régulière par un psychiatre ;

  • sur le plan éthique avec constitution d’un dossier soumis, selon le voeu du Comité Consultatif National d’Ethique, à l’Agence de Biomédecine et à la AFSSAPS. Après expertise ces trois institutions ont donné un avis favorable sur le principe. Elles confirmèrent leur accord lorsque un donneur fut disponible.

  • La réalisation technique fut impeccable avec, dès les sutures artérielles et veineuses réalisées, les preuves visuelles d’une vascularisation de qualité. La récupération nerveuse, sensitive et motrice, qui nécessite plusieurs mois pour se manifester est, déjà en excellente voie.

    Le protocole d’immuno suppression, indispensable, a retenu, outre les médications classiques, l’injection de cellules souches osseuses prélevées sur le donneur. Ce choix est conforme à l’expérience de l’équipe du professeur DUBERNARD lors de la réalisation, en 1998, de la première greffe de main et aux travaux expérimentaux effectués à MIAMI (USA).

    L’Académie nationale de Chirurgie, regrette la médiatisation excessive initiale, en particulier la publication de photographies de la patiente, avec son accord, qui, cependant, permirent au grand public de prendre la mesure de la gravité des lésions.

    L’Académie nationale de Chirurgie se félicite de la collaboration exemplaire entre les deux équipes, de leur rigueur éthique et de l’excellence, à trois mois, du résultat cosmétique et fonctionnel.

     
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